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Étangs et marais des salins de Camargue, 10 ans déjà !

Bilan de dix années de restauration écologique pour la gestion et la mise en valeur des Étangs et marais des salins de Camargue

Visite de terrain © Conservatoire du Littoral

Le Conservatoire du littoral mène une politique foncière active en Camargue, permettant de sauvegarder de vastes entités naturelles qui contribuent à l’identité du littoral de ce territoire unique. Le patrimoine protégé par le Conservatoire en Camargue s’élève à près de 25 000 hectares répartis en 14 sites.

La gestion des sites acquis constitue une nécessité pour assurer leur sauvegarde et mise en valeur. La gestion du site des Étangs et marais des salins de Camargue est conjointement assurée par le Parc Naturel Régional de Camargue (coordonnateur), la Société Nationale de Protection de la Nature et la Tour du Valat.

Situé au Sud-Est de l’étang du Vaccarès, ce vaste ensemble naturel de plus de 6 500 ha est constitué de milieux naturels d’une très grande diversité comprenant marais, prairies, boisements, lagunes et dunes. En 2008 une nouvelle ère débute pour ces espaces avec l’arrêt progressif de l’activité salicole et la vente amiable au Conservatoire du littoral.

Cette entité de grande valeur patrimoniale a fait l’objet d’un programme de gestion et de restauration original et ambitieux intégrant les paramètres écologiques, paysagers, sociaux. Après la réalisation de diagnostics sur les volets écologiques et hydrauliques, les gestionnaires ont réalisé dès 2012 un plan de gestion qui leur a permis de formaliser, en concertation avec les usagers, les actions à mener sur le site.

Dix ans après l’acquisition, un premier bilan peut être réalisé.

Un des premiers objectifs a été la recherche d’une meilleure organisation des usages et de la circulation sur les plages de Beauduc. En effet les nouvelles activités doivent trouver leur place au milieu des anciennes, toujours présentes. Pour améliorer la découverte du site par tous, permettre un partage juste des espaces et limiter les risques, il a été nécessaire de revoir le schéma d’organisation des usages, les équipements d’accueil (pistes, point déchets, signalétique notamment) et de sensibiliser les divers usagers à la fragilité de ce site complexe.

De nombreux inventaires sur la faune, la flore, les milieux et les paysages, ont été réalisés pour parfaire la connaissance de ce site et une étude socio-économique a permis de proposer des perspectives de valorisation et d’ouverture au public. La sauvegarde et la réouverture du Château de Tourvieille, inscrit à l’inventaire des Monuments historiques, permettent aujourd’hui d’offrir aux visiteurs une porte d’entrée remarquable sur le site.

D’importants travaux hydrauliques ont également été réalisés afin de redonner aux lagunes un fonctionnement plus naturel. Ainsi, de nouvelles connexions hydrauliques ont été créées entre les lagunes et avec les systèmes hydrauliques alentours – qu’il s’agisse des réseaux d’eau douce ou des lagunes du Vaccarès. Les suivis menés sur la qualité de l’eau ou la faune piscicole montrent des résultats encourageants et révèlent la vulnérabilité des milieux lagunaires à diverses pollutions et la nécessité d’augmenter les apports d’eau du Rhône.

Le projet de restauration du site est devenu un programme exemplaire au niveau méditerranéen. Ce vaste site est un laboratoire à ciel ouvert pour les environnementalistes travaillant sur la renaturation des milieux lagunaires. C’est également un enjeu local très fort, avec une appropriation par les acteurs du territoire qui reste à conforter.

Souvent plébiscité au niveau national et international, ce projet nécessite beaucoup d’échanges mais aussi de modération : de nombreux défis restent à relever et les gestionnaires ont fait le pari d’une gestion adaptative, la seule possible pour atteindre l’objectif de renaturation en capitalisant les connaissances au fur et à mesure sur ces milieux.

 

Séminaire de restitution © Conservatoire du Littoral

Le séminaire de restitution qui a eu lieu le 3 et 4 octobre a permis de présenter les actions menées ainsi que les premiers résultats des suivis environnementaux et de souligner la pertinence de tels programmes pour la conservation des zones humides méditerranéennes, dans le contexte des nouveaux défis du changement climatique.

 

Marion PEGUIN
Chargée de mission Gestion-Aménagement
Délégation de rivages PACA
Conservatoire du Littoral
04 42 91 64 17
[email protected] [1]

Gael HEMERY
Chef de pôle Gestion des espaces naturels
Parc naturel régional de Camargue
04 90 97 10 40
[email protected] [2]

Marc THIBAULT
Chef de projet
Tour du Valat
04 90 97 20 13
[email protected] [3]

Anais CHEIRON
Directrice
Réserve naturelle nationale de Camargue
04 90 97 00 97
[email protected] [4]

[5]

[6]

Panneaux d’information du golfe de Beauduc et des étangs et marais des salins de Camargue (Cliquer sur l’image pour télécharger en pdf)

Ripisylves méditerranéennes et chauves-souris, enjeux et conservation

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Groupe Chiroptères de Provence, Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse, EDF, 2019

Ce guide technique a été édité dans le cadre de l’étude RipiMed 2018-2019 [7] réalisée par le Groupe Chiroptères de Provence, financé par l’Agence de l’eau Rhône-Méditerranée Corse et Electricité de France. Le but de ce document est de présenter la relation Chiroptères et ripisylves afin d’évaluer l’enjeu biologique et fonctionnel de ce milieu avec pour ambition de le replacer au centre des réflexions sur l’aménagement et la restauration des cours d’eau et de leurs berges.

 

 

Appel à projets Prix Pôle-relais lagunes méditerranéennes 2019

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« Préserver les zones humides pour le bien-être des populations »

La cinquième édition du Prix Pôle-relais lagunes méditerranéennes est lancée ! Son objectif : mettre en lumière des actions exemplaires et innovantes menées en zones humides, et susciter des vocations auprès des élus et maîtres d’ouvrage.

Les zones humides nous rendent de très nombreux services. En préserver les fonctions et leur bonne santé est essentiel pour garantir un développement durable et assurer la survie de l’humanité.

A l’occasion de l’accueil par la France du Congrès mondial de la nature de l’UICN (en juin 2020 à Marseille), il s’agit d’attirer l’attention sur la mise en œuvre, sur le littoral méditerranéen, d’une politique locale en faveur des zones humides et du bien-être des populations qui en dépendent.

Ce prix récompensera les initiatives ayant fait le choix de préserver ou de restaurer des zones humides littorales pour les bienfaits qu’elles procurent aux populations, tout en améliorant leur fonctionnalité et diversité.

Peuvent répondre à cet appel à projets les collectivités locales (communes, EPCI, syndicats mixtes) ou autres gestionnaires publics et privés de zones humides dans les régions Occitanie, SUD Provence-Alpes-Côte d’Azur ou Corse, ayant porté un projet sur une commune littorale, en lien avec le thème « Préserver les zones humides pour le bien-être des populations». Le Prix sera remis au représentant de l’initiative accompagné d’un ou plusieurs élus de son territoire.

La remise du Prix Pôle-relais lagunes méditerranéennes aura lieu à l’occasion du Congrès mondial de la Nature de l’UICN [8] en juin 2020 à Marseille. L’invitation au congrès et les frais de déplacements des lauréats seront pris en charge

 

DATE LIMITE DE RÉPONSE : 13 décembre 2019

 

Télécharger l’appel à projets [9]

Formulaire de candidature en ligne [10]

Retour sur les éditions 2011 [11] / 2013 [12] / 2015 [13] / 2017 [14]

 

Katia LOMBARDINI
Chargée de mission PACA du Pôle-relais lagunes méditerranéennes / Tour du Valat
Tél : 04 90 97 29 56
Courriel : [email protected]

Structures porteuses de l’initiative :

 

Avec le soutien financier de :

Retour sur la formation du 17/09/19 à Arles : « les espèces exotiques envahissantes des lagunes côtières méditerranéennes et les réseaux d’acteurs »

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Formation du 17/09/2019 à la Tour du Valat (Arles, 13). © PRLM

Dans le cadre du Life intégré Marha (Marine habitats), [15]  piloté par l’Agence Française pour la Biodiversité (AFB) et qui se déroulera sur 8 ans, des actions portées par le Pôle-relais lagunes permettent d’appuyer les animateurs et gestionnaires de sites N2000 dans l’évaluation de l’état de conservation de l’habitat lagunes côtières méditerranéennes (1150-2). En effet, le Pôle lagunes aide les structures animatrices des sites N2000 à prendre en main la méthode d’évaluation de l’état de conservation de l’habitat lagune côtière 1150-2 [16] (V2 du guide disponible depuis juin 2019).

Afin de renforcer les compétences des gestionnaires et animateurs de sites N2000 et d’aider à la prise en main de cette méthode, le Pôle lagunes propose des formations en partenariat avec l’AFB. Ces formations sont inscrites dans la thématique 2 du Life Marha « Renforcement des capacités » et visent à mieux évaluer l’état de conservation de l’habitat lagunes côtières méditerranéennes (1150-2) et identifier des solutions pour tendre vers une amélioration de leur état.

Des espèces exotiques (végétales comme animales) sont listées en tant qu’espèces portant atteinte à l’état de conservation de cet habitat d’intérêt communautaire, et sont recensées parmi les indicateurs servant à l’évaluation de l’habitat.

Cette formation sur « les espèces exotiques envahissantes des lagunes côtières méditerranéennes et les réseaux d’acteurs » organisée par le Pôle-relais lagunes Méditerranéennes en collaboration avec l’Agence Française pour la Biodiversité répond aux besoins des gestionnaires et animateurs des sites N2000 : renforcer la vigilance face à l’introduction d’espèces non indigènes en s’appuyant notamment sur des stratégies et réseaux existants, et d’autre part en étant informés des dernières réglementations et des moyens de gestion de certaines espèces exotiques envahissantes.

Le 17 septembre 2019, des gestionnaires de zones humides et animateurs N2000 d’une dizaine de structures différentes sont venus dans les locaux de la Tour du Valat à Arles pour participer à cette journée de formation.

La journée a été très participative et s’est articulée autour de deux temps forts. D’une part, les apports en salle sur le contexte réglementaire et les outils à disposition au niveau national et régionale,  la stratégie en place à l’échelle de ces régions, les moyens de lutte mis en œuvre contre les EEE et quelques retours d’expérience. D’autre part, la visite de terrain en fin d’après-midi  sur l’étang du Vaccarès sur la Réserve naturelle nationale de Camargue. Ce moment très opérationnel a permis aux participants d’échanger sur la manière d’assurer un suivi et le valoriser, du cheminement pour participer à la remontée des données, de trouver des référents territoriaux, partager les plans de gestion, quels indicateurs suivre…

Sortie sur le terrain © PRLM

Les premiers points de conclusion

Cette journée technique sur les Espèces Exotiques Envahissantes  des lagunes côtières méditerranéennes a rassemblé des acteurs des régions Occitanie et SUD-Paca pour aborder les thématiques de la stratégie en place à l’échelle de ces régions, le contexte réglementaire et les outils à disposition au niveau national et régionale, les moyens de lutte mis en œuvre contre les EEE et quelques retours d’expérience.

L’importance de la gouvernance et de la réglementation

L’AFB, le MTES et l’ONCFS viennent de publier trois brochures [17] présentant les obligations relatives à la mise en œuvre du règlement européen sur les espèces exotiques envahissantes.

Ces brochures s’adressent aux particuliers, associations et collectivités, aux établissements de recherche et de conservation ainsi qu’aux établissements à vocation commerciale. Elles rappellent les textes de loi en vigueur, et présentent les 26 espèces animales et les 23 espèces végétales réglementées en métropole.

Les réseaux existants et la stratégie en place

Des perspectives de travail avec le  Centre de ressources dédié aux espèces exotiques envahissantes [18] (CDR EEE) et le Conservatoire Botanique National (CBN) de Méditerrané [19]e se sont ouvertes.

Dans ce cadre, il a été souligné l’importance de la participation et contribution des gestionnaires à la stratégie en place aux échelles régionales pour PACA et Occitanie.

Le CDR EEE et le CBN Méditerranée peuvent également fournir un appui aux acteurs territoriaux, en les conseillant par exemple sur la réalisation d’un plan de gestion d’espèces exotiques envahissantes. A ce titre, il est rappelé l’importance de prioriser les enjeux qui peuvent varier d’un site à un autre et les confronter aux moyens humains et techniques à disposition.

Dans ce cadre, le CR EEE a réalisé trois volumes de la collection « comprendre pour agir  [20]». Ces documents présentent les éléments nécessaires à une réflexion claire et une démarche argumentée d’aide à la mise en place d’actions de gestion pour et par les gestionnaires. Les volumes 2 et 3 constituent un recueil de retours d’expérience de gestion conduite en France métropolitaine, Outre-mer et Europe.

Les gestionnaires/acteurs de la région Occitanie et SUD-Paca, à la demande et avec l’appui du centre de ressources, pourront contribuer à ces documents en faisant part des actions de gestion réalisées sur certaines espèces invasives comme Baccharis halimifolia [21] Baccharis à feuilles d’arroche, Ludwigia peploides [22] – Jussie à petites fleurs, Trachemys scripta elegans [23] – Tortue de Floride et Cortaderia selloana [24] – Herbe de la pampa.

Ces outils, réalisés en concertation avec les acteurs territoriaux, sont complémentaires à ceux existants aux échelles nationales et/ou européennes.

Une des forces du réseau d’acteurs est de pouvoir faire remonter à une échelle locale et nationale les alertes de nouvelles espèces introduites. Ce réseau est encore à renforcer avec des référents territoriaux qui seraient à définir  à l’échelle de nos milieux littoraux.

Un travail d’élaboration d’une liste complète d’espèces exotiques envahissantes à l’échelle de la Méditerranée sera finalisé en 2020.

 

Les présentations de cette formation sont disponibles en cliquant sur les liens ci-dessous :

 

Katia Lombardini, (e-mail [30]) Chargée de mission SUD-Paca – Pôle-relais lagunes méditerranéennes, Tour du Valat

Nathalie Barré, (e-mail [31]) Chargée de mission Occitanie – Pôle-relais lagunes méditerranéennes, CEN L-R

 

Les lagunes méditerranéennes, espaces fragiles et indispensables

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L’étang de Diana, en Corse.
V. Pasqualini, CC BY-NC-ND [32] 

Vanina Pasqualini [33], Université de Corse Pascal-Paoli [34]

Cet article est publié dans le cadre de la prochaine Fête de la science (du 5 au 13 octobre 2019 en métropole et du 9 au 17 novembre en outre-mer et à l’international) dont The Conversation France est partenaire. Cette nouvelle édition aura pour thème : « À demain, raconter la science, imaginer l’avenir ». Retrouvez tous les débats et les événements de votre région sur le site Fetedelascience.fr [35].


Classées parmi les milieux humides – dont un rapport parlementaire [36] soulignait en janvier 2018 le rôle écologique essentiel – les lagunes côtières méditerranéennes sont particulièrement remarquables. On peut citer, par exemple, le delta du Nil (Égypte), la lagune de Venise (Italie), les lagunes de l’Occitanie (France) ou encore la lagune des Bibanes (Tunisie).

Situées à l’interface entre les domaines terrestre et marin, les zones humides littorales figurent parmi les écosystèmes les plus productifs au monde. Les deltas et estuaires produisent trois fois plus de matière [37] vivante au m2 que les forêts tropicales. Grâce à leur faible profondeur et renouvellement des eaux, les lagunes côtières offrent une richesse exceptionnelle dont les hommes ont cherché à tirer profit en aménageant ces espaces littoraux ; autant d’aménagements qui ont entraîné leur dégradation, voire leur disparition.

Les principales menaces qui pèsent sur ces espaces concernent un enrichissement nutritif important (appelé « eutrophisation ») issu des bassins versants, résultat de l’activité agricole et des rejets urbains ; il y a aussi le rôle du drainage, de l’assèchement et du comblement de ces zones générateurs d’effets néfastes.

Un rôle écologique essentiel

Réservoirs de biodiversité et de productivité écologique, les lagunes côtières sont essentielles aux activités économiques locales – telles que la pêche artisanale et la conchyliculture. Elles constituent également des zones d’étapes importantes pour un grand nombre d’espèces migratrices d’oiseaux et de poissons (par exemple le flamant rose) ; et elles jouent un rôle écologique d’épuration et de filtration des eaux douces en provenance des bassins versants, améliorant la qualité des eaux.

Elles protègent également les villes littorales des inondations, préviennent les sécheresses et contribuent à protéger les côtes de l’hydrodynamisme (impact de la mer) et de l’érosion sédimentaire. Paysages remarquables du littoral, elles rendent possible nombre d’activités culturelles et récréatives.

Les flamands roses, habitants des lagunes.
Wolfgang Hasselmann [38]

Mobilisation réglementaire

Une prise de conscience grandissante de la nécessité de protéger et préserver ces milieux a été observée et a conduit, depuis une vingtaine d’années, à la mobilisation des instances (internationales, nationales et régionales) pour préserver, conserver et même restaurer ces espaces.

On peut citer, par exemple, la directive européenne « Habitat » [39] de 1992 qui impose d’évaluer dans les sites du réseau Natura 2000, l’état de conservation des habitats et des espèces d’intérêt communautaire. La directive européenne cadre sur l’eau [40], adoptée en 2000, constitue un autre cadre important : elle vise à réduire la pollution de l’eau, promouvoir son utilisation durable, améliorer l’état des écosystèmes aquatiques (dont les lagunes côtières) et atténuer les effets des inondations et des sécheresses.

Plus localement, il existe des documents de planification, à l’image des schémas directeurs d’aménagement et de gestion des eaux du bassin [41] qui fixent les orientations permettant d’atteindre les objectifs attendus en matière de bon état des eaux.

La restauration écologique des lagunes méditerranéennes constitue une préoccupation majeure, renforcée par le contexte de changement climatique actuel. Cette restauration nécessite une connaissance approfondie du fonctionnement de ces zones et l’utilisation d’indicateurs biologiques adaptés pour réaliser les diagnostics environnementaux.

Leur position à l’interface entre terre et mer et leurs caractéristiques hydromorphologiques contrastées (avec des formes ou des tailles de bassins versants très différents) rend l’étude de leur fonctionnement très complexe ; chaque lagune possède en effet une dynamique propre et il s’avère difficile d’établir des trajectoires de restauration écologique communes à l’ensemble de ces écosystèmes.

Les voies de la restauration

Deux types de restauration écologique peuvent être appliqués aux lagunes côtières, selon la fréquence des pressions exercées et l’intensité de la dégradation : la restauration active et la restauration passive.

La première cherche à accélérer le rétablissement du milieu ou à le provoquer lorsque celui-ci n’est plus capable de se rétablir spontanément alors même que la perturbation a été supprimée (réimplantation d’herbiers, récifs artificiels).

La restauration passive consiste à supprimer ou à réduire la pression exercée sur le milieu, en réduisant par exemple les apports en nutriments grâce à des travaux de stations d’épuration ou d’amélioration de l’équilibre hydrologique par la diminution du temps de résidence de l’eau. Il peut aussi s’agir d’initier ou de faciliter la reprise des processus naturels permettant à l’écosystème de se régénérer de lui-même. Mais revenir d’un état dégradé à un état d’origine sain ne correspond pas à inverser la trajectoire qui a conduit à cet état dégradé ; il s’agit d’une trajectoire différente et souvent plus longue.

Les microalgues, ce premier maillon de la chaîne alimentaire très sensible aux variations environnementales, constituent de bons indicateurs du statut écologique des milieux aquatiques. Des actions de restauration de certaines lagunes méditerranéennes françaises ont initié une amélioration de leur qualité écologique, caractérisée par une diminution des microalgues associée à la réapparition des herbiers aquatiques.

Mais ce processus est accompagné d’une augmentation de la fréquence d’efflorescences de microalgues potentiellement toxiques pour l’écosystème et pour l’homme.

C’est dans cette optique que l’étude des communautés microalgues est d’une importance capitale dans les recherches sur la restauration des écosystèmes lagunaires. Les résultats scientifiques permettront de fournir une aide à la gestion de ces milieux.

On le voit, protéger les lagunes méditerranéennes implique aujourd’hui de mobiliser l’ensemble des acteurs concernés et d’envisager ces espaces comme autant de « socio-écosystèmes », qui concernent la nature mais aussi les sociétés. Cette approche intégrée et pluridisciplinaire – associant sciences naturelles et sociales – constitue une nouvelle méthode originale d’aborder le fonctionnement global et la restauration de ces zones.


Auteur : Vanina Pasqualini [33], Professeur des Universités en écologie marine, Université de Corse Pascal-Paoli [34]

Marie Garrido, de l’Office de l’Environnement de la Corse, a participé à la rédaction de cet article.

Cet article est republié à partir de The Conversation [42] sous licence Creative Commons. Lire l’article original [43].

Continuité écologique en marais périphériques des lagunes méditerranéennes

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Plus de 500 ouvrages hydrauliques référencés

Début 2019, les ouvrages hydrauliques existant entre les lagunes et leurs marais périphériques étaient encore très peu intégrés au Référentiel national des Obstacles à l’Écoulement (ROE). Dans le cadre d’un stage proposé par l’Agence Française pour la Biodiversité (AFB) en partenariat avec le Pôle-relais lagunes méditerranéennes entre avril et aout 2019, de nombreuses connaissances ont été remontées sur plus de 500 ouvrages.

Ouverture des canaux © F.CAZIN

Contexte

Ce stage visait à recueillir des connaissances sur le fonctionnement des territoires lagunaires qui font l’objet d’une attention particulière pour accompagner la mise en œuvre :

Le plan national de gestion de l’anguille approuvé par la Commission européenne en février 2010, fait état des diverses causes du déclin de l’anguille en Europe : circulation entravée du fait de nombreux aménagements en travers de cours d’eau et dans les marais, dégradation des habitats, pollution des eaux et des sédiments, pêche et braconnage.

Anguille © L. Santucci

D’une manière plus générale, la transparence des ouvrages à la mer et une meilleure gestion hydraulique des marais littoraux et des lagunes méditerranéennes sont des leviers importants pour la préservation des populations piscicoles qu’elles soient dulcicoles, amphihalines ou marines. Cependant, jusqu’ici, la plupart des ouvrages hydrauliques existant entre lagunes et leurs milieux humides adjacents ne figurait pas encore dans la base de données nationale du Référentiel des Obstacles à l’Écoulement (ROE).

Une intégration de plus de 500 ouvrages au ROE

C’est Mathilde Amand, étudiante en première année de Master de Géographie, Aménagement, Environnement et Développement, qui a réalisé ce stage d’avril à août 2019, basée dans les locaux de l’AFB à Pérols (34), co-encadrée par Pierre Caessteker (AFB Vincennes) et Nathalie Barré (Pôle lagunes /  CEN L-R).

En cinq mois, les acquis grâce son travail sont nombreux :

Ces fiches présentent notamment les informations collectées auprès des gestionnaires des sites concernés, sur la gestion des ouvrages hydrauliques et des initiatives en faveur de la continuité piscicole ;

Actuellement, les fiches produites sont soumises à validation des gestionnaires des marais concernés, et en attente de compléments sur la gestion des ouvrages.

Il s’agit des lagunes suivantes :

Des cartographies des ouvrages intégrés au ROE par les gestionnaires formés à l’outil d’administration Geobs ont aussi été produites sur les étangs de Villepey (83), Grande Maïre (34), un site géré par le GPMM (13).


Cartographie des données ouvrages en lagunes référencées au Référentiel des Obstacles à l’Ecoulement (Geobs)

A noter que pour les marais de Brouage en Atlantique, une fiche de synthèse a été produite pour la cinquantaine d’ouvrages intégrés au ROE dans le cadre du stage.

Un test sur les unités hydrauliques cohérentes (UHC)

D’une manière générale, les gestionnaires des marais lagunaires ont aidé à la sélection d’ouvrages hydrauliques les plus prioritaires. Cette sélection a ainsi permis de définir les entrées des principaux casiers hydrauliques gérés (unités hydrauliques cohérentes).

La méthode des Unités Hydrauliques Cohérentes mise en place par le Forum des Marais Atlantiques a ainsi été testée et adaptée aux marais méditerranéens. En accord avec les besoins identifiés dans le Plan national de gestion des poissons migrateurs (PLAGEPOMI), les sites prioritaires choisis pour le test de la méthode sont les marais de Bages-Sigean et ceux de l’étang de Berre-Bolmon.

Cartographie des UHC sur le secteur Petite Camargue (étang de Berre, 13)

Perspectives

Suite à cette mission, les travaux d’intégration des ouvrages au ROE et de délimitation des UHC se poursuivront dans le cadre d’un second stage à l’AFB dès mars 2020.

A cette occasion, il est prévu que la méthode des unités hydrauliques cohérentes soit éprouvée sur différentes configurations de marais littoraux méditerranéens et qu’elle permette notamment de mieux qualifier les secteurs accueillant les poissons migrateurs et leur gestion associée.

Depuis 2018, 3 formations à l’outil Geobs du référentiel des obstacles à l’écoulement ont été organisées par les délégations PACA-Corse et Occitanie de l’AFB, en partenariat avec le Pôle-relais lagunes. Une quinzaine de gestionnaires a été formée à l’outil et tous ont contribué à la remontée des informations sur les ouvrages hydrauliques en marais, ou ont intégré leurs données directement dans le ROE. Pour 2020, une autre formation devrait être proposée au réseau.

 

Pierre Caessteker
Chargé de mission milieux humides
Département Centre de ressources
Agence française pour la biodiversité – Vincennes
Courriel : [email protected]

Nathalie Barré
Chargée de projet Occitanie – Pôle-relais lagunes méditerranéennes
Ligne directe : 04 67 15 32 33
Courriel : [email protected]

 

65 patrons pêcheurs en activité, la pêche dans l’étang de Berre est redevenue attractive…

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Deux ans d’enquête auprès des pêcheurs professionnels de l’étang de Berre, de récolte de données ont permis à Pablo Liger, chargé de mission au Gipreb de finaliser une étude sur les pêcheries professionnelles et de loisirs de l’étang de Berre.  Il s’agissait en premier lieu de réactualiser une précédente étude (2009) puis de produire des informations sur la pêche de loisir qui n’avait jusqu’à présent jamais fait l’objet d’une étude sur l’étang de Berre, mais qui semblait pourtant être une pression majeure sur la ressource et l’environnement. La présente étude le confirme…

L’activité de pêche professionnelle est emblématique des lagunes méditerranéennes (productivité élevée). C’est pourquoi la composition d’une flotille de pêche est un précieux indicateur. Si on est loin des 300 pêcheurs du début du XXème siècle, on comptabilise, en 2018,  65 patrons-pêcheurs ; ils n’étaient plus que 31 en 2005. L’équipement des navires s’est fortement modernisé.

557 tonnes de muges, 213 tonnes d’anguilles et 95 tonnes de daurades, telles sont les principales captures de la pêche professionnelle en 2017. La mise en place des licences de pêche à l’anguille a eu des effets sur l’évolution des pratiques et des prises du fait d’une spécialisation des pêcheurs sur leur métier de prédilection (capechades pour les anguilles, tremail calé pour les loups ou les daurades, maillant encerclant pour les muges..).

La pêche de loisir n’avait jamais été étudiée sur l’étang de Berre. L’effort de pêche sur le canal de Caronte, reliant l’étang de Berre à la mer, a rapidement été identifié comme majeur avec plus de 99 % des prises. L’estimation annuelle des pêcheurs de loisir sur le canal de Caronte est d’environ 77 000 et une capture moyenne sur l’année de 0.85 kg/pêcheur/jour selon leur déclaration. Ces résultats conduiraient à une estimation des captures annuelles de daurades comprises entre 49 tonnes et 84 tonnes en moyenne. Cependant ces données semblent sous-estimées car seule une partie de la population a souhaité répondre au questionnaire, et de nombreuses observations et témoignages conduisent à réévaluer à la hausse les captures moyennes. Une réévaluation plus réaliste des captures comprises entre 5 et 10 kg par pêcheur (5 à 10 poissons), conduirait à une estimation des captures annuelles de 338 tonnes à 770 tonnes de daurades. Ces dernières valeurs seraient alors 5 à 10 fois supérieures à celle de la pêche professionnelle pour cette espèce.

 

[email protected] [45]

 

État de conservation des « lagunes côtières » d’intérêt communautaire (UE 1150*) : le guide mis à jour est sorti !

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Méthode d’évaluation à l’échelle du site Natura 2000 – Guide d’application (Version 2)

[46]L’UMS PatriNat et le Pôle-relais lagunes méditerranéennes ont travaillé de concert sur la mise à jour de la méthode d’évaluation de l’état de conservation de l’habitat lagune côtière dans le cadre du projet européen Life Marha [15] .

La première version de cette méthode datant de 2013 devait être mise à jour pour tenir compte des dernières données bibliographiques, expertises scientifiques et des retours d’expérience du SIEL suite au test de la méthode sur les étangs palavasiens en 2014 et du syndicat mixte RIVAGE sur l’indicateur herbiers de macrophytes en 2016.

L’évaluation de l’état de conservation des lagunes côtières méditerranéennes est une obligation liée à la directive européenne « Habitats-Faune-Flore » (92/43/CEE) (DHFF), transposée dans le droit français dans l’article R.414-11 du Code de l’environnement. L’objectif sera donc à terme d’appliquer cette évaluation à l’ensemble des sites contenant cet habitat d’intérêt communautaire prioritaire (1150-2*) ».

CONTEXTE

Deux directives européennes, « Oiseaux » (79/409/CEE) et « Habitats-Faune-Flore » (92/43/CEE) (DHFF), sont fondatrices d’un réseau écologique européen de sites dédiés à la conservation d’habitats naturels et semi-naturels et d’espèces rares, endémiques ou menacées, appelé Natura 2000. L’article R.414-11 du Code de l’environnement – qui est la transposition dans le droit français de l’article 6.1 de la DHFF – impose d’évaluer dans les sites du réseau Natura 2000, l’état de conservation des habitats naturels et semi-naturels et des espèces d’intérêt communautaire pour lesquels les sites ont été désignés. Cet état doit être renseigné dans les documents d’objectifs (DOCOB) pour chaque site Natura 2000.

L’évaluation de l’état de conservation à l’intérieur des sites Natura 2000 est une obligation dans le droit français, pour faciliter le travail des opérateurs et permettre une future comparaison et mutualisation des données entre les sites. L’UMS PatriNat a été chargée par le ministère en charge de l’écologie de mettre en place des méthodes standardisées au niveau français pour évaluer l’état de conservation de tous les habitats d’intérêt communautaire.

La réflexion a commencé pour l’habitat « Lagunes côtières – UE 1150* » en 2011 et a abouti en 2013 à la parution de la première version de la méthode pour évaluer distinctement l’état de conservation des lagunes présentes sur les deux domaines biogéographiques de la France métropolitaine (Atlantique et Méditerranéenne), ayant des caractéristiques environnementales différentes.

GUIDE MIS À JOUR EN 2019 DANS LE CADRE DU LIFE MARHA

Ce guide décrit le contexte, les objectifs et les principes de la méthode d’évaluation de l’état de conservation de l’habitat « Lagunes côtières – UE 1150* » (chapitre I), et se décline en deux volets spécifiques par domaine biogéographique : la façade atlantique (chapitre II) et la façade méditerranéenne (chapitre III).

Pour la façade méditerranéenne, le Pôle-relais lagunes méditerranéennes a animé la démarche en Méditerranée depuis 2011, et s’est à nouveau investi grâce au projet Life Marha. Ainsi, le présent guide d’application intègre les résultats des rapports publiés en 2013 et 2014, ainsi que des mémoires de stage (Papuga, 2012 ; Morin, 2014). Le retour d’expérience de certains gestionnaires[1] [47] ayant mis en place la première version de cette méthode, ainsi que les avis d’experts ont, de plus, grandement aidé à l’élaboration de cette deuxième version.

Le Pôle-relais lagunes méditerranéennes travaille actuellement sur les fiches techniques qui accompagneront cette méthode d’évaluation de l’état de conservation de l’habitat lagunes côtières et notamment sur le travail à accomplir dans le cadre de l’application de cette méthode, tant sur le terrain qu’au bureau. Ces fiches pratiques, réalisées pour chacun des indicateurs, seront diffusées prochainement au sein du réseau, courant 2020.

 

Pour rappel l’objectif du Life Marha est d’améliorer l’état de conservation des habitats naturels marins tout en mobilisant l’ensemble des parties prenantes de Natura 2000 en mer. Le Pôle-relais lagunes méditerranéennes (porté par la Tour du Valat, le Conservatoire d’espaces naturels du Languedoc-Roussillon et l’Office de l’Environnement de la Corse) y joue son rôle de passerelle entre les différents acteurs de l’habitat « lagunes côtières méditerranéennes » (1150-2).


[1] [48] Pour plus d’informations sur ces retours d’expérience, voir le document « Pôle-relais lagunes, 2018. Méthode d’évaluation de l’état de conservation de l’habitat d’intérêt communautaire prioritaire 1150-2* « lagunes côtières méditerranéennes » : retour d’expérience sur le test de la méthode »

 

Programme des Journées européennes du Patrimoine 2019

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Les 21 & 22 septembre 2019, venez découvrir les lagunes méditerranéennes autour du thème : « Arts & divertissements »

[49]Des dizaines d’animations, la plupart gratuites et pour tous les âges, vous sont proposées le week-end du 21 au 22 septembre 2019, autour des zones humides littorales en Corse, Occitanie & SUD Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Des visites, sorties nature commentées, contées… des expositions,  conférences ou manifestations culturelles autour du thème national des « Arts & divertissements ».

C’est l’occasion d’une découverte étonnante des lagunes méditerranéennes, ces étangs littoraux au patrimoine exceptionnel où l’histoire de l’Homme s’inscrit depuis plus de 2 000 ans.

Une belle opportunité de s’approprier ces territoires qui rendent de nombreux services à l’humanité, en particulier vis à vis du changement climatique.

Ce programme mobilise des dizaines de structures partenaires : gestionnaires de lagunes, sites et musées archéologiques, scientifiques, associations d’éducation à l’environnement et associations de sensibilisation au patrimoine culturel.

Venez nombreux ! L’édition 2018 [50] a rassemblé 21 800 visiteurs !

En savoir plus

Contact : Katia LOMBARDINI, Chargée de mission en région SUD-PACA – e-mail [30]

 

Ce programme d’animations est coordonné par le Pôle-relais lagunes méditerranéennes pour la 11ème année consécutive.

 

Avec le soutien technique ou financier :

« Terres d’eau, terres d’avenir » : les recommandations du rapport parlementaire pour restaurer les milieux humides

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Une mission parlementaire sur la préservation des zones humides a été lancée par le Premier ministre, Édouard Philippe début août 2018. Annoncée dans le plan interministériel pour la Biodiversité [61] début juillet 2018, elle intervient alors que la disparition et la dégradation des zones humides se poursuivent et ce, malgré les plans nationaux successifs qui peinent à renverser la tendance.

Lundi 28 janvier 2019, Frédérique Tuffnell, députée de la Charente-Maritime, et Jérôme Bignon, sénateur de la Somme, membres de la commission de l’aménagement du territoire et du développement durable, ont remis officiellement à Francois de Rugy, Ministre d’État, ministre de la Transition écologique et solidaire, leur rapport sur la restauration et la valorisation des milieux humides.

Parmi les territoires visités ou auditionnés par la mission figurent deux territoires lagunaires (à retrouver en annexe 4) :

Malgré les immenses services rendus par ces habitats, les zones humides se situent aujourd’hui en tête des milieux naturels les plus menacés. Dans le cadre du plan interministériel pour la biodiversité et face à la régression préoccupante de ces zones, le Gouvernement a exprimé le souhait de disposer d’un diagnostic incluant une consultation des acteurs concernés et d’une série de propositions ambitieuses en vue de la préservation de ces milieux, leviers essentiels d’une transition écologique efficace.

Ce rapport s’inscrit pleinement dans cette démarche. Il met ainsi l’accent sur la méconnaissance des bienfaits des zones humides et préconise une sensibilisation accrue à destination des élus des territoires, et plus largement de l’ensemble de nos concitoyens, quant à l’importance des terres d’eau dans notre lutte collective contre le réchauffement climatique. Il appelle également à poursuivre les efforts menés dans l’identification de ces milieux afin de disposer d’une connaissance actualisée et exhaustive du sujet.

Parmi les propositions formulées dans le rapport, figurent l’amélioration de la connaissance et de la cartographie de ces zones, le renforcement de la territorialisation de leur gestion, ainsi que la recommandation de faire des terres d’eau des zones prioritaires pour l’expérimentation des paiements pour services environnementaux (PSE), afin de porter au niveau européen l’ambition de la France en la matière.

La totalité de ces travaux, menés sur plus de cinq mois et considérablement enrichis par les interactions avec différents acteurs des territoires, viendra notamment alimenter les nombreuses propositions issues des concertations menées dans le cadre des Assises de l’eau.

À partir de cet état des lieux complet et des pistes de restauration et de sauvegarde soulevées, le Gouvernement entend poursuivre une action ambitieuse en faveur de la reconquête des milieux humides, dont la préservation s’intègre pleinement dans sa stratégie en faveur de la biodiversité, ainsi qu’à ses plans d’adaptation au changement climatique.

Typologie des habitats d’intérêt communautaire

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A l’échelle du site Natura 2000 « Complexe Lagunaire de Salses-Leucate »

Réalisée au syndicat mixte Rivage dans le cadre d’un stage de master de février à août 2019, cette typologie locale des habitats d’intérêt communautaire a été conçue dans le but de pouvoir identifier et distinguer les habitats recensés sur le site Natura 2000. Elle profitera non seulement aux travaux futurs de cartographie, mais aussi aux actions de gestion menées sur le site.

Pourquoi un outil pour interpréter les habitats d’intérêt communautaire (HIC) et leurs spécificités biogéographiques ?

L’interprétation des habitats d’intérêt communautaire recensés dans les sites naturels inscrits dans le réseau Natura 2000 est essentielle à leur gestion. Cette interprétation est primordiale lors de la cartographie des habitats d’un site donné qui doit être régulièrement renouvelée. Or, les rattachements entre les observations de terrain et les définitions des habitats d’intérêt communautaire sont variables en fonction des observateurs. De ce fait, la comparaison de deux cartographies successives dans le temps paraît peu fiable.

En région méditerranéenne, il n’existe actuellement aucun outil permettant l’interprétation des HIC prenant en compte les spécificités de cette zone biogéographique. Les animateurs de sites Natura 2000 méditerranéens peuvent néanmoins se baser sur les typologies d’habitats en vigueur, à savoir la typologie EUR 28 et les «Cahiers d’habitats» Natura 2000. Ces documents ont l’avantage d’être directement en lien avec la Directive «Habitats-Faune-Flore» mais les descriptions des habitats naturels y sont peu précises et peuvent parfois porter à confusion, et globalement peu accessibles pour les personnes non initiées.

Au service de la connaissance et de la gestion à venir du site Natura 2000

Porté par le syndicat mixte Rivage en partenariat avec le CBN Méditerranée de Porquerolles, le projet de création d’une typologie locale des HIC du site Natura 2000 du Complexe Lagunaire de Salses-Leucate répond à des besoins locaux de connaissance et en particulier à deux objectifs principaux :

[63]

Des perspectives prometteuses

L’objectif de connaissance des habitats a été atteint, la typologie créée prend en considération les spécificités locales des HIC, ce qui offre une vision fine de ces habitats et de leur végétation associée à l’échelle du complexe lagunaire de Salses-Leucate. Cette typologie locale représente un complément pertinent aux typologies officielles.

L’objectif d’anticipation du renouvellement de la cartographie a aussi été atteint. Les relevés phytosociologiques réalisés pourront probablement servir de «vérités terrain» dans ce cadre. Toutefois, la stratégie d’échantillonnage n’a pas été pensée pour répondre aux exigences d’une cartographie d’habitats.

Les acquis de cette étude profiteront éventuellement à d’autres travaux portant sur la végétation méditerranéenne dans son ensemble. La typologie locale construit dans un souci de reproductibilité et de traçabilité, est une base solide d’interprétation des HIC pour toutes les futures cartographies d’habitats naturels d’un site Natura 2000 donné. Il serait partagé et utilisé par les experts locaux engagés dans la gestion du site.

[64]
Exemple de fiche habitat

 

Clara GRITTI : [email protected] [65]

Julien ROBERT, Syndicat Mixte RIVAGE : [email protected] [66]

Olivier ARGAGNON, Conservatoire botanique national méditerranéen de Porquerolles : [email protected] [67]

 

L’agglomération du Pays de l’Or candidate pour devenir un Territoire engagé pour la nature

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L’Agglomération s’investit depuis plus de 10 ans dans la protection et la mise en valeur des espaces naturels du pourtour de l’étang de l’Or. Elle a à ce titre développé de nombreuses actions et une expertise dans le domaine de la protection de la biodiversité. Afin de valoriser ces actions et approfondir l’engagement de la collectivité, elle s’est portée candidate à l’initiative «  Territoires engagés pour la nature ».

Qu’est-ce qu’un « Territoire engagé pour la nature » ?

La loi pour la reconquête de la biodiversité de 2016 a inscrit I’objectif de mettre fin à la perte nette de biodiversité. Dans ce cadre, le ministère de la transition écologique et solidaire a présenté en juillet 2018 un plan d’action intitulé «  Biodiversité. Tous vivants ! » visant à accélérer la mise en œuvre de la stratégie nationale biodiversité.

L’initiative «  Territoires engagés pour la nature [68] » s’inscrit dans ce plan et correspond au volet collectivités locales de la stratégie. Elle vise à favoriser I’engagement pour la biodiversité à toutes les échelles. En région Occitanie, I’appel à candidature « Territoires engagés pour la Nature » est porté par I’Agence Française pour la Biodiversité en partenariat avec la Région, l’Etat, I ‘agence de l’eau RMC et l’Agence régionale pour la biodiversité.

Le projet global de la collectivité doit être cohérent et s’intégrer dans un ensemble d’engagements en faveur de la biodiversité. Son plan d’action doit s’intégrer dans tous les domaines de compétences de la collectivité (aménagement, éducation, GEMAPI, etc.). La reconnaissance valide la qualité du plan et permet d’accéder plus facilement à des moyens de mise en œuvre (accompagnement, financement, etc.).

Le Pays de l’Or candidate au label

La labellisation «  Territoires engagés pour la nature » permet de structurer un plan d’action concret sur trois ans, de bénéficier d’un accompagnement privilégié de I’Agence régionale pour la biodiversité et de l’expertise de nombreux partenaires, et enfin de valoriser les actions entreprises à l’échelle régionale et nationale.

L’objectif est de mobiliser tous les acteurs du territoire pour contribuer à inverser la tendance de la perte de biodiversité sur le territoire concerné.

 

L’appel à candidature est structuré autour de trois axes selon lesquels le Pays de l’Or a répondu de la manière suivante :

Action proposée : « Développer une démarche interservices et transversale sur la biodiversité »

L’objectif est de créer un groupe de travail inter-services sur la biodiversité et de favoriser la prise en compte de la biodiversité dans tous les domaines de compétences de la collectivité.

Le groupe de travail biodiversité permettra une montée en compétence des services de l’Agglomération sur les questions écologiques. Il assurera que l’enjeu de la biodiversité intègre la mécanique intercommunale, à la fois au stade de la conception des politiques publiques jusque dans leur mise en œuvre. Il permettra l’émergence d’actions non encore identifiées à ce jour.

Résultats attendus: des actions de préservation de la biodiversité portées par différents services, l’émergence de nouveaux projets non identifiés à ce jour, une implication générale à l’échelle de l’agglomération sur ces questions, une courroie de transmission aux élus.

L’objectif est d’élaborer un schéma directeur et une base de données des espaces naturels du Pays de l’Or.

Au cours de cette décennie, la gestion mise en œuvre par l’agglomération et ses partenaires s’est principalement focalisée sur la conservation de la biodiversité et la conciliation des usages. Cette première période a permis de poser des principes de gestion partagés par tous et d’enregistrer des résultats très positifs autour de l’étang. Néanmoins, certains enjeux sont encore insuffisamment pris en compte comme le changement climatique, la reconquête de la qualité de l’eau. Par ailleurs, la gestion interventionniste sur certains sites peut être interrogée. L’Agglomération se pose ainsi la question d’une plus grande naturalité et d’une évolution vers l’auto-entretien des sites naturels, dans un contexte de changement climatique.

Afin de garantir un cadre de réflexion et d’action cohérents, au-delà des plans de gestion par site, l’Agglomération souhaite se doter d’un schéma directeur des espaces naturels (SDEN) du territoire. Ces enjeux nécessitent une réflexion d’ensemble à l’échelle du territoire. Le SDEN doit permettre d’apporter des éléments de réponse et faire évoluer la gestion actuelle.

La valorisation du patrimoine naturel du territoire est une action importante de la collectivité. Le Pays de l’Or souhaite élaborer une plaquette de présentation des sites naturels du Pays de l’Or à destination des habitants et des touristes. Cette plaquette serait disponible dans les mairies, au siège de l’Agglomération, dans les offices de tourisme et les commerces. Elle permettra d’identifier les sentiers pédagogiques et d’orienter la fréquentation vers les sites aménagés. Cela permettra ainsi de préserver les sites naturels à enjeux forts, sur lesquels est privilégiée une limitation de la fréquentation. La plaquette espaces naturels serait complémentaire au programme annuel d’animations eau & biodiversité, faisant lui aussi l’objet d’une plaquette.

 

Benjamin Pallard

Responsable du service environnement aquatique

Agglomération du Pays de l’or

[email protected] [69]