Etang de Palu

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Présentation

Situé sur la côte orientale de la Corse, l’étang de Palu occupe 110 ha le long du rivage. Il fait partie d’une bande côtière de 10 km, composée d’un chapelet de zones humides qui s’étend du Fiumorbu au Travo. Situé sur les communes de Serra di Fiumorbu et de Ventiseri, cet étang a une profondeur qui varie entre 0,5 et 1 mètre et son bassin versant fait 31 km2.

Le site de l’étang de Palu d’une superficie de 212ha, s’inscrit dans une série de zones humides quasi continue, qui s’étend sur 10 km environ du linéaire côtier de la plaine orientale. Avec ses 110 ha, c’est le quatrième plus grand étang de Corse. La lagune, de faible profondeur, est en communication temporaire avec la mer grâce à un grau semi-naturel, situé à l’extrémité sud du lido et ouvert épisodiquement par un pêcheur pour les besoins de l’activité halieutique limitant ainsi le phénomène d’anoxie.

Le site est composé entre autres d’un des plus grands ensembles de sansouires de Corse. La valeur écologique du site réside principalement dans la juxtaposition, sur un espace relativement restreint, de biotopes très variés, qui forment une mosaïque de milieux allant du plus aride au plus humide, du plus doux au plus salé.

Par ailleurs, il existe d’importantes relations entre les zones humides environnantes (aux conditions écologiques et aux milieux très différents) pour la nidification et l’alimentation des oiseaux d’eau.

L’étang de Palu représente une lagune préservée et non anthropisée avec une richesse importante au niveau de la biodiversité. Site Natura 2000 depuis 1998, il bénéficie depuis septembre 2008 du label Ramsar.

 

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Activités

Le Bassin versant de l’étang est peu urbanisé et l’agriculture occupe environ 23% du territoire.

L’étang de Palu et ses abords accueillent diverses activités agricoles, piscicoles ou de loisirs.

Depuis 1985, un pêcheur exploite l’étang. Le matériel utilisé correspond à une technique traditionnelle de pêche des étangs de Corse et d’Italie. Les engins de captures (verveux, bordigues) sont disposés sur la rive est du plan d’eau en juillet et retirés en janvier-février. Cette pratique facilite la circulation des eaux et assure un repos halieutique bénéfique à la reproduction. La production halieutique est estimée à 50-80 kg/ha/an. Elle repose principalement sur l’anguille (Anguilla anguilla), le muge (Mugil cephalus) et les mulets (Chelon labrosus et Liza sp.). La production de « poutargue » (gonades sèches de muge) apporte un revenu complémentaire au pêcheur.

Une convention d’usage agricole permet à un éleveur bovin de pâturer les prairies humides au nord de l’étang permettant ainsi une ouverture du milieu favorable à la biodiversité et à la préservation du paysage de bocage caractéristique de ce lieu.

Le site est fréquenté par les chasseurs.

Les activités de loisirs ont principalement lieu sur le lido. Le public y vient essentiellement pour la baignade ou pour la pêche depuis le rivage

Un projet pédagogique est en cours de réalisation sur la presqu’île. Il vise à faire connaître le milieu lagunaire et les techniques de pêche traditionnelle par le biais d’un parcours de découverte approuvé par des documents pédagogiques destinés aux enseignants et aux élèves.

                         

 

  

 

Accueil de scolaires sur l'étang de Palu. Création et aménagement de cheminements sur la presque île.
Accueil de scolaires sur l'étang de Palu. Photo cghc/X. Paoli L'activité de pêche sur l'étang de Palo. Photo CEL/F. Milochau   

 L'activité de pêche sur l'étang de Palo.

 

 

Création et aménagement de cheminements sur la presque île. Photo cghc/J.Jouve

 

 

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Faune - Flore

Globalement la zone humide comporte trois grands types de végétation, qui correspondent à des conditions écologiques différentes, liées à la salinité, à la durée et au niveau d’immersion et à la présence ou non d’apports d’eau douce favorisant le dessalement. On peut donc distinguer :

 

  • les herbiers denses de phanérogames aquatiques (à Ruppia cirrhosa dominant), qui occupent le fond de l’étang et qui jouent un rôle important dans l’écologie du plan d’eau.
  • la végétation halophile (sansouires, jonçaies, tamaricaie,…) qui représente une zone d’un grand intérêt pour l’avifaune ;
  • la végétation dulçaquicole, surtout constituée de roselières, aux débouchés des ruisseaux.

 

On trouve également :

 

  • des groupements végétaux inféodés aux milieux dunaires, sur le cordon littoral ;
  • des maquis plus ou moins haut et des suberaies, à l’arrière du lido et sur la presqu’île ;
  • des prairies
  • des haies à aulnes glutineux (Alnus glutinosa) et fougère aigle (Pteridium aquilinum) au bord des ruisseaux ou canaux et à Rubus ulmifolius, Prunus spinosa et Pteridium aquilinum dans les endroits les plus secs.

 

On observe au niveau de la lagune une avifaune variée : 61 espèces inféodées aux milieux humides se répartissent en 3 catégories :

 

  • 11 espèces nicheuses
  • 29 espèces estivantes ou migratrices,
  • 32 espèces hivernantes (ardeidés, foulque macroule,…)

 

Les inventaires de l’avifaune terrestre montrent également la présence de 53 espèces supplémentaires dont 39 nicheuses.

Les enjeux majeurs du site résident dans l’originalité de la flore et la relative diversité des oiseaux d’eau. Cependant, sa richesse en chiroptères (14 espèces recensées dont 5 d’intérêt communautaire), poissons (aphanius de Corse, anguille,…), reptiles (tortue d’Hermann, cistude…) lui confère un intérêt écologique important.

           

Photo cghc/ Tortue cistude.
Photo cghc/J.Jouve Tortue cistude. Photo B. Recorbet

 

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Problématique

Le grau est la clé de voûte de l’étang. Il est temporaire et les ouvertures ou fermetures s’effectuent soit naturellement, soit artificiellement, afin d’assurer une gestion efficace de la pêche. Le grau est généralement fermé de novembre à mars – ce qui évite la vidange de l’étang – et le pêcheur tente de le maintenir ouvert durant l’été car sa fermeture serait préjudiciable au développement végétal et animal. Mais, en raison de l’ensablement, lié à la dynamique sédimentaire de la côte, et de l’accumulation de débris de posidonies près de l’embouchure de l’étang, le grau est régulièrement bouché. La gestion de l’embouchure nécessite donc de la part du pêcheur un entretien fréquent et coûteux. Une convention d’usage est en cours d’élaboration. Cette gestion s’avère nécessaire pour assurer le renouvellement des eaux, et donc permettre une certaine oxygénation en période estivale et également pour procurer à l’étang la population d’alevins et de migrateurs marins qui vont le peupler principalement au printemps.

 

  • De nombreux incendies se sont succédés sur le site et dans ses environs, notamment sur la façade  ouest de l’étang, au niveau de la presqu’île. Ces incendies détruisent régulièrement une partie des peuplements de chêne-liège et du maquis. L’entretien des bandes débroussaillées instaurées est assuré régulièrement.
  • L’étang a fait l’objet, pendant de nombreuses années d’une activité de chasse intense, du fait de la facilité d’accès de ses berges. Depuis 1994, les battues aux foulques ne sont plus organisées.
  • La fréquentation estivale du lido n’est pas très importante. A l’acquisition par le Cdl, une dégradation de la végétation du lido, milieu fragile et d’un grand intérêt patrimonial, était occasionnée par la circulation de véhicules tous terrains. Après son achat, le Conservatoire du littoral a entrepris des travaux pour empêcher la circulation de véhicules sur le lido et le stationnement anarchique, notamment en fermant certains accès et en aménageant des aires de stationnement intégrées en retrait du cordon. Cette pratique a aujourd’hui disparu.
  • Pendant de nombreuses années, le pêcheur qui ne disposait pas d’infrastructures adaptées, a entreposé, à l’extrémité de la presqu’île autour de son habitation, des camions frigorifiques et des cabanes de chantier délabrées qui lui servaient pour entreposer son matériels et le produit de sa pêche, ce qui avait un effet très négatif sur le paysage. Après l’achat par le Conservatoire du littoral, un plan d’aménagement a été réalisé, plus en accord avec la qualité paysagère du site. A ce jour, quelques travaux ont été effectués.

 

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Gestion

En 1993, le Département de la Haute Corse a acquis ce site de 212 ha qui englobe l’étang et ses abords qu’il a rétrocédé en 1994 au Conservatoire du Littoral. Celui-ci a par la suite mis en place un programme d’études afin d’établir un état des lieux de ce site, de comprendre le fonctionnement écologique de ses habitats naturels, d’inventorier les activités humaines et les problèmes de gestion. Ces études ont permis de déboucher, avec les divers partenaires concernés, sur un programme d’aménagement et de gestion.

Le Département de Haute-Corse est gestionnaire du site dans le cadre d’une convention reconduite en 2006 entre les deux partenaires. Un service dédié à cette tâche a été créé la même année et compte actuellement 23 personnes, dont deux personnes à temps plein sur les sites de la plaine orientale sud.

Le site bénéficie d’un DOCOB dans le cadre du réseau Natura 2000. Ce document, réalisé en 1998 par l’Agence pour la Gestion des Espaces Naturels de la Corse, constitue également le plan de gestion de l’étang. Ce document identifie 5 enjeux majeurs : Maintien de la qualité écologique de l’étang et des potentialités halieutiques ; Maintien de la diversité biologique et restauration des habitats dégradés ; Préservation des qualités paysagères du site ; Maintien des activités halieutiques et agricoles traditionnelles ; Organisation de l’accueil du public et sensibilisation.

Les actions du gestionnaire correspondent ainsi aux orientations prévues par le plan de gestion et sont essentiellement tournées vers la réalisation du plan d’aménagement : action pédagogiques sur la presque île, réhabilitation de la base de pêche. Ces actions concernent également les missions courantes d’entretien répétées des aménagements et la surveillance du site.

2 agents du Département assurent la gestion du site et la mise en œuvre des orientations du plan de gestion.

Partenaires techniques et financiers :

  • AERMC
  • IFREMER
  • Conservatoire botanique de Corse
  • Services techniques du Département de Haute-Corse
  • Parc Naturel Régional de la Corse
  • DIREN
  • DDE (service maritime)
  • Communes
  • Etc.

 

Sources : Anne Martinetti (Conservatoire du Littoral) et Stéphanie Marchetti (Département de Haute-Corse)

 

  • Acteur(s) :

 

Stéphanie MARCHETTI  [ Conseil Général de Haute-Corse ]

Michel MURACCIOLE [ Conservatoire du Littoral - délégation Corse ]

Denise LUCCHESI [ Conservatoire du Littoral - délégation Corse ]

 

 

  • A consulter

Fiche de synthèse Eau-France : Etang de Palo

 

Fiche Site Ramsar (Portail national zones humides)

         

etang de palu 2.jpg Réunion du comité de gestion pour les JMZH en février 2009.
Vue générale du site. Photo Parc-Corse Réunion du comité de gestion pour les JMZH en février 2009. Photo cghc/S. Marchetti

 

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