La rencontre entre les courants marins et les rivières…

Ces étangs, souvent de faible profondeur, situés le long du littoral, sont séparés de la mer par une bande de sable : le lido. Ils reçoivent de l’eau douce, principalement par les cours d’eau, et sont reliés à la mer par un chenal que l’on appelle grau.

Ce mélange d’eau douce et d’eau salée, sa variabilité au cours des saisons et des années font la richesse et la particularité des lagunes.

Chaque lagune constitue un paysage et un milieu de vie uniques, en permanente évolution.

Étang de Vic (complexe des étangs palavasiens). © SIEL

Comprises entre terre et mer, les lagunes entretiennent tout naturellement des relations étroites avec les zones humides qui les entourent (marais, etc.) et reçoivent de nombreux apports du bassin versant.

Localement, dans le langage courant, le mot ‘étang‘ qui désigne différents types d’écosystèmes naturels ou artificiels se substitue à l’appellation ‘lagune’.

La superficie des complexes lagunaires (lagune + zones humides périphériques) est estimée à environ 130 000 ha sur les 3 régions méditerranéennes françaises (source: ‘Synthèse des lagunes’, 2007).

Typologie des lagunes

La profondeur des lagunes est généralement de l’ordre du mètre mais il existe des milieux beaucoup plus profonds, à mettre en relation avec leur origine géomorphologique :

  • Les lagunes sensu stricto, peu profondes et entourées de rives basses. Elles se sont constituées derrière des cordons sédimentaires accumulés par les courants marins le long des côtes (ex. Etangs palavasiens, Hérault / Occitanie).
  • Les lagunes tectoniques, issues de l’effondrement ou de l’érosion d’une portion du rivage. Plus profondes (une dizaine de mètres), elles sont généralement cernées de petites falaises rocheuses (ex. Etang de Diana, Corse).
  • Les lagunes estuariennes ou deltaïques. Les alluvions, accumulés en tombolos le long du rivage font obstacle à l’écoulement des cours d’eau, isolant des petits plans d’eau saumâtres au débouché des fleuves côtiers (ex. La Camargue, Bouches-du-Rhône / Provence-Alpes Côte d’Azur).

Genèse des lagunes

La formation des lagunes méditerranéennes débute il y a bien longtemps. A la fin de la dernière glaciation il y a 10 000 ans, le climat se réchauffe, la calotte glacière fond… le niveau de la mer s’élève progressivement. Au cours de sa remontée, qui s’est stabilisée au niveau actuel il y a environ 6 000 ans, les  vagues et les courants qui transportent des sables le long du rivage construisent lentement un cordon sableux, le lido. Ce cordon sableux sépare la mer des eaux saumâtres qui ont envahi les parties les plus basses de la plaine littorale. Seuls les graus, interruptions des lidos, maintiennent une communication entre les étangs et la mer.

Etang du Vaccarès (Camargue) , crédit : M. Gauthier-Clerc/Tour du Valat

Etang de Diana, crédit : DREAL Corse

Labellisation « Ramsar »

Les principales lagunes sont reconnues par le label Ramsar, cette convention internationale signée par 169 pays, qui a pour mission la conservation et l’utilisation rationnelle des zones humides. Près de 2300 sites sont labellisés dans le monde.

Sur les 47 zones humides françaises labellisées « Ramsar », 10 sont des lagunes méditerranéennes.

« LAG’UNE…Découverte! » : un film court dédié au jeune public :

Qu’est-ce qu’une lagune? Par quels phénomènes sont-elles apparues? Quels sont leurs rôles et valeurs à la fois pour la nature et pour l’homme? Dédié au grand public et plus particulièrement aux 10-15 ans, ce film réalisé en 2015 apporte quelques réponses pour mieux connaître les lagunes méditerranéennes françaises.

En savoir plus sur ce film