Depuis des millénaires, l’homme a vécu aux abords de ces zones humides en raison des ressources naturelles pour son alimentation, l’isolement et le chauffage de ses habitations, à sa médication… La disponibilité de la ressource en eau, les grandes superficies exploitées de tout temps, en ont fait des milieux fortement convoités, siège d’activités agricoles, salicoles parfois intenses, et d’espaces pour aménager des villes, voire des ports de commerce et des cités balnéaires sur le littoral. 

Salins d’Aigues-Mortes (Gard), crédit : S. Arquès/Tour du Valat

Des activités traditionnelles

Les lagunes sont des zones très productives ayant permis le développement de nombreuses activités professionnelles. Ainsi, la saliculture, la pêche professionnelle et la conchyliculture y ont une grande importance économique et socio-culturelle. Ces activités traditionnelles fortement ancrées dans le patrimoine culturel connaissent cependant des difficultés à se maintenir.

La pêche et les cultures marines

La pêche des poissons et des coquillages sont les usages les plus anciens exercés sur les lagunes. Après une phase de prospérité entre les années 1960-80, l’activité halieutique a connu un net ralentissement en raison d’un appauvrissement des stocks exploités et d’une dégradation des milieux. On a observé une réduction des captures d’anguilles ainsi que des coquillages. Cela a grandement contribué à la très forte réduction des effectifs des pêcheurs.

Pêche de la palourde, Thau. Photo CRPMEM-LR Pêche à la capechade (verveux). Crédit : RN du Bagnas
Pêche de la palourde, Thau, crédit : CRPMEM-LR Pêche à la capechade (verveux), crédit : RN du Bagnas

De nombreux pêcheurs en milieu lagunaire ont diversifié leur activité en se lançant notamment dans la conchyliculture. L’activité conchylicole qui s’intéresse principalement aux huîtres creuses est pratiquée sur des tables implantées dans des zones supérieures à deux mètres de profondeur. Cette contrainte technique limite ainsi les sites d’élevage des huîtres aux lagunes les plus profondes: Thau, Salse-Leucate et le Prévost en Occitanie, Urbino et Diana en Corse. La production excède 21 000 t d’huitres et de moules par an sur ces secteurs.

Table conchylicole et huîtres collées à une corde à l’étang de Thau. Crédit photo : Cépralmar
Table conchylicole et huîtres collées à une corde à l’étang de Thau, crédits : Cépralmar

La saliculture

Depuis l’Antiquité, le littoral méditerranéen français fait l’objet d’une exploitation salinière. Aujourd’hui, 570 000 tonnes sont récoltés par an sur les salins d’Aigues-Mortes, de Giraud, de Gruissan et de la Palme.
Qu’ils aient une production à vocation industrielle (Salins de Giraud) ou alimentaire (Aigues-Mortes, Gruissan, Porto-Vecchio, etc.), les salins encore en activité ont un rôle à la fois écologique notamment pour les oiseaux laro-limicoles, paysager, social, culturel et économique.

Récolte du sel, Aigues-Mortes. Photo PRLM

Récolte du sel à Aigues-Mortes, crédit : PRLM

L’élevage extensif (bovin et équin)

Le pâturage exercé sur les marges des lagunes concerne globalement deux grands types d’élevage : l’élevage de taureaux et de chevaux, pour la grande majorité de race Camargue. L’élevage est aujourd’hui essentiellement destiné aux activités de loisirs : fêtes taurines, promenades à cheval.
Bon nombre de gestionnaires de site travaillent en partenariat avec des éleveurs (ovins, équins ou bovins) afin de profiter de ce très bon outil de gestion des zones humides qu’est le pâturage extensif.

Sagne : coupe du roseau. Crédit : Tour du Valat
Manade de taureaux, Camargue, crédit : O. Pineau/ Tour du Valat Sagne : coupe du roseau, crédit : Tour du Valat

L’exploitation du roseau

L’exploitation du roseau, appelé localement « sagne », est une pratique qui se situe entre l’agriculture et l’exploitation de ressources naturelles. On observe cette pratique essentiellement en Petite Camargue. Le roseau de Camargue est aujourd’hui essentiellement utilisé pour les toitures de chaumes et donc principalement exporté en Hollande et en Angleterre.

La viticulture et autres cultures

L’apparition du phylloxera, au 19ème siècle, a vu la vigne se développer sur de nouveaux espaces jusqu’alors non exploités tels les cordons littoraux. La culture du « vin des sables » fait aujourd’hui l’objet d’un marché dynamique et bien organisé.
Outre ces principales activités traditionnelles, auxquelles il est important de rajouter la riziculture (11 000 ha en Camargue), les abords des lagunes et leur très proches bassins versants ont également vu s’implanter des cultures intensives telles que le maraîchage (étangs de Biguglia, Bages, etc.) et l’arboriculture (étangs de l’Or, Urbino, etc.) qui sont susceptibles d’avoir des impacts sur la qualité des eaux lagunaires en fonction des pratiques.

Viticulture sur les marges de l'étang de Thau Paysage de rizières en Camargue. Crédit : S. Arques/Tour du Valat
Viticulture sur les marges de l’étang de Thau Paysage de rizières en Camargue, crédit : S. Arques/Tour du Valat

Des SPORTS DE NATURE EN EXPANSION

Les sports de nature sont en constante évolution, sur cet espace très prisé qu’est le littoral. Les sports de glisse en particulier font de plus en plus d’adeptes et d’innovations technologiques. En effet, les plages sableuses du littoral méditerranéen français, exposées à des vents forts et réguliers font le bonheur de ces sportifs qui pratiquent en mer ou sur les lagunes.Certaines activités en plein essor génèrent une forte intensité des pratiques sur certains sites. Cette présence accrue peut être source de dérangement pour les oiseaux du littoral pendant leur période de reproduction (mouettes, sternes, goélands,…), et engendrer des incidences potentielles sur les habitats et les espèces végétales remarquables (herbiers, espèces dunaires).