Etang d'Urbino

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Présentation

Avec une superficie de 790 hectares et une profondeur maximale de l’ordre de -9 m l’étang d’Urbinu est le deuxième plus grand et plus profond étang de Corse. Il s’inscrit, plus largement dans la chaîne d’étangs qui s’égrainent sur la côte orientale de la Corse

Il s’agit d’une lagune préservée, incluse dans une zone très peu urbanisée, comprenant un ensemble de petites zones humides périphériques favorables à l’accueil de l’avifaune.

De forme sensiblement circulaire, l’étang est séparé en deux par une importante presqu'île à l'ouest : Isola Longa, et possède une île dans sa partie sud-ouest. Les rives nord-est et est sont plates et sableuses. L'île, les deux côtés de la presqu'île et les bords nord-ouest comportent de petites falaises. Au nord de la presqu'île, les falaises tombent sur l'eau directement ; ailleurs, elles laissent devant elles une courte plage de sable.

L’étang n’est séparé de la mer tyrrhénienne que par un simple cordon sableux colonisé par un fourré littoral à genévriers (formation très rare sur la plaine orientale de la Corse) et une forêt dunale à pin maritime. Le caractère sténohalin de cet étang permet une plus grande diversité et spécificité que les autres étangs de la côte orientale de l’île.

La communication avec la mer s'effectue par un grau. Celui-ci initialement situé au sud du lido, a été aménagé artificiellement au nord dans les années soixante-dix, afin de permettre à d’importants volumes d’eau de mer de pénétrer dans la lagune, garantissant une bonne oxygénation du plan d’eau élément important pour l’exploitation conchylicole.

Le site de l’étang d’Urbino bénéficie depuis septembre 2008 du label Ramsar

 

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Activités

L’étang d’Urbinu a la particularité d’être alimenté à la fois par les ruisseaux qui traversent la plaine et  qui s’y jettent et par l’eau salée de la mer Tyrrhénienne. Une situation qui confère une excellente qualité à l’eau et un abondant plancton permettant, avec l’avantage climatique, pour les huîtres, des cycles d’élevage plus courts qu’ailleurs. L’ostréiculture, et la pêche traditionnelle des lagunes corses cohabitent dans un relatif équilibre. L’étang est donc un site fréquenté et générateur d’activités pour la micro-région dont le maintien représente un facteur déterminant pour la gestion intégrée des zones côtières.

Aucune activité de loisir n’est pratiquée sur le plan d’eau, ceci étant peu compatible avec les activités économiques.

Le restaurant situé au sud de la presqu’île, qui propose des produits de l’étang, attire beaucoup de monde.

Le cordon lagunaire est, quant à lui, essentiellement fréquenté pour la baignade ou pour la pêche de loisir depuis la plage. On constate également une circulation non négligeable de véhicules tout terrain sur les dunes.

Les activités au niveau du bassin versant sont aujourd’hui peu importantes. Il s’agit d’une zone d’agriculture lâche avec de la vigne, des vergers d’agrume, des oliveraies et de l’élevage extensif. L’urbanisation est peu importante et localisée essentiellement en bordure de la route Nationale 197, située à environ 1,5 km en amont de l’étang.

Crédit : Photo cghc/J.Jouve

              

Conchyliculture sur l'étang d'Urbinu. Pêcheur d'Urbinu.
Conchyliculture sur l'étang d'Urbinu. Pêcheur d'Urbinu.

Pêcheurs d'Urbinu.

Pêcheurs d'Urbinu.

 

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Faune - Flore

Aujourd’hui, une grande partie de l’avifaune européenne est visible sur le site et ce tout au long de l’année. L’étang abrite de nombreuses espèces d’oiseaux rares et menacées. Chaque année, on peut constater la présence d’oiseaux en reproduction ou de passage sur le site, en particulier en hiver (harles huppés, plongeons arctiques,…). Les arrivées d’eau douce au nord de la presqu’île sont régulièrement fréquentées par de nombreux anatidés (cols verts, canard souchet, sarcelles d’hiver, foulques,…). Les limicoles et échassiers colonisent l’ensemble des petits marais et des vasières.

Les espèces les plus représentées sont le grand cormoran (Phalacrocorax carbo), la foulque macroule (Fulica atra) et les grèbes huppés (Podiceps cristatus).

Depuis quelques années, on assiste à une progression intéressante des effectifs de flamants roses ( Phoenicopterus roseus) et de grandes aigrettes (Ardea alba) qui comptent environ une quarantaine d’individus.

Globalement la zone humide comporte trois grands types de végétation, qui correspondent à des conditions écologiques différentes, liées à la salinité, à la durée et au niveau d’immersion et à la présence ou non d’apports d’eau douce favorisant le dessalement. On peut donc distinguer :

  • les herbiers denses de phanérogames aquatiques (à Ruppia cirrhosa dominant), qui occupent le fond de l’étang et qui jouent un rôle important dans l’écologie du plan d’eau.
  • la végétation halophile (sansouires, jonçaies, tamaricaie,…) qui représente une zone d’un grand intérêt pour l’avifaune ;
  • la végétation dulçaquicole, surtout constituée de roselières, aux débouchés des ruisseaux.

L’étang est séparé de la mer par un lido peuplé d’un fourré littoral à genévriers à gros fruits, ainsi qu’une forêt dunale à pins maritimes qui confère à l’étang d’Urbinu une grande valeur patrimoniale

Kosteletkya pentacarpos (L.), espèce végétale protégée, vulnérable et rare est présente sur le site.

Les enjeux majeurs du site résident dans l’originalité de la flore et la relative diversité des oiseaux d’eau. Cependant, sa richesse en poissons dont plusieurs espèces protégées (aphanius de Corse, anguille,…), lui confère un intérêt écologique important.

        

Vue générale du site Vue générale du site.
Vue générale du site. Photo cghc/J.Jouve Vue générale du site. Photo cghc/J.Jouve

  Vue générale du site.  

Vue générale du site. Photo cghc/J.Jouve

 

 

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Problématique

Anciennement menacé par un projet immobilier, la forêt de Pinia sur la rive sud de l’étang est aujourd’hui propriété du Conservatoire du Littoral. Le village de vacances qui se situait au nord est quant à lui fermé aujourd’hui. Les risques de pollution du bassin versant sont limités bien que l’on recense la présence de diverses zones d’activité agricole. Malgré cela, le faible taux de renouvellement, du fait de la fermeture du grau, oblige à une prise en compte sérieuse de ces risques de pollution.

L’enjeu principal réside dans l’entretien du grau artificiel qui permet la communication entre la lagune et la mer. Il s’agit actuellement pour le propriétaire et le gestionnaire d’en définir les modalités d’entretien afin d’assurer la qualité de l’écosystème et le bon fonctionnement des activités aquacoles et de la pêche. Différents enjeux ont été définis :         

  • maintien du bon état trophique de la lagune,
  • maitrise des pollutions
  • maintien de la biodiversité
  • restauration du cadre paysager
  • maintien de la pêche et de la conchyliculture
  • accueil et information du public

 

 Grau de l'étang d'Urbinu 

Grau de l'étang d'Urbinu, détail. Photo cghc/X. Paoli

 

 

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Gestion

Le département de Haute-Corse assure la gestion des terrain du Conservatoire du littoral. Une convention a été signée en 2006 entre les deux partenaires. Un service dédié à cette tâche a été crée la même année et compte actuellement 23 personnes.

Un comité de gestion a été créé pour assurer le suivi du site. Y participent le propriétaire, le gestionnaire, la municipalité de Ghisonaccia, les administrations compétentes, les acteurs locaux et des scientifiques. Ce comité s’est réuni en février 2009 à l’occasion des Journées Mondiales des Zones Humides.

Partenaires techniques et financiers :

 

  • AERMC
  • IFREMER
  • Conservatoire botanique de Corse
  • Bureau d’études
  • Paysagiste
  • Services techniques du Département de Haute-Corse
  • Parc Naturel Régional de la Corse
  • DIREN
  • DDE (service maritime)
  • Communes
  • etc.

 

Un plan de gestion simplifié a été rédigé et servira de support à la rédaction d’un plan de gestion plus complet. Les objectifs de gestion ont été définis collégialement avec les autres acteurs du sites. Il s’agit de : protéger et conserver la richesse de la diversité biologique, maintenir la qualité écologique du plan d’eau, Pérenniser une exploitation traditionnelle des ressources halieutiques de l’étang viable et respectueuse du site, organiser de façon permanente la gestion du site et l’accueil du public, Améliorer la qualité paysagère.  Des fiches actions permettant d’atteindre ces objectifs ont également été rédigées.

2 agents du Département assurent la gestion du site et la mise en œuvre des orientations du plan de gestion. Concrètement, cela s’est traduit en 2008 par de nombreuses actions d’entretien et de mise en valeur. Les agents départementaux ont notamment participé au nettoyage des rives, et assuré le suivi les travaux engagés par le Cdl. Une couverture photographique a été réalisée en régie par le Département de Haute-Corse afin de constituer un fonds photographique destiné à la mise en valeur du site et au partage des connaissance.

 

  • Acteur(s) :

Stéphanie MARCHETTI  [ Conseil Général de Haute-Corse ]

Michel MURACCIOLE [ Conservatoire du Littoral - délégation Corse ]

Denise LUCCHESI [ Conservatoire du Littoral - délégation Corse ]

 

 

  • A consulter
 
Fiche retour d’expériences du Portail national zones humides :

 

La mise en œuvre de la gestion est assurée par des gardes départementaux. Vue générale du site.
La mise en œuvre de la gestion est assurée par des gardes départementaux. Photo cghc/J.Jouve    Vue générale du site. Photo CRDP   

 Réunion de travail entre agents du Cg2b, du Conservatoire du littoral et paysagiste. 

Réunion de travail entre agents du Cg2b, du Conservatoire du littoral et paysagiste. Photo cghc/J.Jouve

 

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