Ecocean déploie un habitat artificiel à biodiversité positive dans les ports

Inauguration du projet Nappex le 19 septembre 2013 au port de Mèze (34)

 

Les infrastructures portuaires pourraient-elles contribuer à la bonne santé des écosystèmes marins? C’est tout l’enjeu du projet NAPPEX (Nurseries Artificielles pour des Ports EXemplaires). Porté par la société Ecocean, il est l’un des 62 lauréats du premier appel à projets de la Stratégie Nationale pour la Biodiversité, lancé par le Ministère de l’Ecologie en 2011. Il est soutenu par l’Agence de l’Eau RMC et le Conseil Général de l’Hérault. D’une durée de deux ans (2013-2014), le  projet a pour objet la réhabilitation de la fonction écologique de nurserie des petits fonds rocheux et sableux qui ont été dégradés par la construction d’aménagements côtiers.

Le procédé consiste à installer des habitats artificiels (Biohut©) le long des quais et sous les pontons afin de procurer un refuge aux post-larves et juvéniles de poissons.

Les partenaires du projet étaient réunis à Mèze le jeudi 19 septembre 2013 pour le lancement officiel du projet.

 

Contexte

Pour saisir et comprendre les enjeux, il faut tout d’abord revenir sur le cycle de vie naturel des poissons et animaux marins côtiers. La post-larve est le dernier stade larvaire pélagique du cycle de vie qui se termine, pour la majorité des espèces d’animaux marins côtiers, par une phase de colonisation de l’habitat littoral d’origine. Dès lors, près de 95% des post-larves disparaissent en quelques jours par prédation naturelle, manque d’habitat ou pollution. Une partie d’entre elles se retrouvent dans les zones abritées des ports, qui semblent, à première vue, être adaptées pour leur développement. Pourtant, jusqu’à 100% de ces post-larves peuvent disparaître : en effet, la conception des ports, avec leurs quais droits, en fait un véritable piège pour ces post-larves qui se retrouvent sans protection face aux prédateurs.

  

Larve de mérou au port du  Brusc

Crédits photos : R. Dubas Ecocean

 

Développer et déployer un habitat artificiel à biodiversité positive

Partant de ce constat, s’il est primordial d’identifier et de préserver l’habitat naturel propice aux post-larves, l’idée est venue de développer une technique de restauration écologique marine visant à rendre biocompatibles les infrastructures existantes portuaires en réintroduisant la fonction écologique de nurserie (habitat et nourriture) initialement présente. Il s’agit donc de fournir un habitat artificiel, temporaire, installé entre mars et octobre, pendant la période de colonisation des post-larves. Ceci va leur permettre de mieux survivre à la prédation, en atteignant la taille refuge, et de contribuer in fine à l’accroissement des populations alentours.

Les premiers prototypes ont été développés en 2010, puis ont été testés dans le cadre du projet GIREL (Gestion des Infrastructures pour la Réhabilitation Ecologique du Littoral, 2012-2015) dans le Grand Port Maritime de Marseille.

Techniquement, les Biohut© sont installés en sub-surface le long des quais et/ou sous les pontons flottants. Un Biohut© est constitué d’une cage en acier remplie de coquilles d’huîtres (fournissant habitat et nourriture) elle-même entourée d’une cage vide qui sert de refuge aux larves et juvéniles de l’année.

  

Biohut© Ponton,

Crédits photos : R. Dubas Ecocean

Nappex consiste donc à déployer à grand échelle les Biohut© en Méditerranée occidentale française et à apporter une réponse aux conséquences engendrées par la présence des  infrastructures portuaires sur l’habitat et la biodiversité marine. En parallèle, des panneaux d’information ont été installés dans les ports afin de sensibiliser le public au sujet.

 

Objectif : Estimer le gain écologique

En mars 2013, 192 modules ont été installés dans six ports pilotes représentatifs de  la biodiversité du littoral Méditerranéen (dont cinq en Languedoc-Roussillon).

L’objectif majeur à l’issue du projet (fin 2014) est d’estimer le gain écologique du procédé. Pour cela, les modules font l’objet d’un suivi scientifique in situ (faune libre, vagile et fixée) pendant deux ans. Ecocean travaille sur ce point en partenariat avec le Centre de Formation et de Recherche sur les Environnements Méditerranéens (CEFREM) de Perpignan, qui prend en charge le volet amélioration des connaissances (suivi, comptage, compilation des résultats).

Nappex permettra entre autres :

- de mieux comprendre comment les larves et les juvéniles  « utilisent » le Biohut©

- de comparer les zones aménagées avec des zones témoins (non aménagées) et des zones naturelles à fort recrutement

- d’analyser la faune et la flore (abondance et biodiversité) et l’influence de paramètres abiotiques, afin de mieux comprendre le fonctionnement de cet « écosystème en miniature ».

 

Des premières tendances encourageantes

Le lancement officiel de Nappex a été l’occasion de réunir les  partenaires du projet sur le port de Mèze et de faire un premier retour d’expérience après sept mois d’immersion des cages.

L’équipe du CEFREM mené par le Dr Philippe Lenfant est en train d’analyser l’ensemble des données recueillies lors des campagnes d’échantillonnage, soit plus de 180 heures passées dans l’eau des ports pilotes entre début avril et fin août 2013.

Les premières tendances sont encourageantes, plus de trente espèces et plus de 12 000 individus de taille inférieure à 50 mm, ont été recensés sur toutes les zones étudiées (digues extérieures, quais non aménagés (témoins) et quais aménagés avec les Biohuts).

A ce jour, on ne peut pour l’instant parler que de tendances, puisque des analyses plus poussées sont nécessaires pour avoir des résultats plus précis sur cette première année d’étude. Ceux-ci seront présentés lors d’une réunion organisée par le COPIL, fin novembre 2013.

 

  • Contact

Yann Guais

Responsable du développement

Dpt Restauration Écologique

ECOCEAN SAS

33, rue Chaptal 34000 Montpellier France

Tél: (33) 4 34 22 71 80 Fax : (33) 4 34 22 71 81

Mail: yann.guais@ecocean.fr

 

  • En savoir plus

Pour plus d’informations ou suivre le projet : www.nappex.fr

 

  • Partenaires du projet