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 Les anatidés hivernant en Camargue se nourrissent-ils dans les marais aménagés pour la chasse ? | Pôle-relais lagunes méditerranéennes

Les anatidés hivernant en Camargue se nourrissent-ils dans les marais aménagés pour la chasse ?

Article de la revue Faune sauvage n° 303 – 2ème trimestre 2014

Date de publication : 16/09/2014
 
Auteurs : Jean-Baptiste Mouronval1, Anne-Laure Brochet1, Philippe Aubry2, Matthieu Guillemain1
 
1ONCFS, CNERA Avifaune migratrice – Le Sambuc, Arles.
2ONCFS, Direction des études et de la recherche, Statistiques – Saint-Benoît, Auffargis.

 

La Camargue est le premier site d’hivernage pour les oiseaux d’eau en France. On y dénombre quelque 120 000 anatidés en moyenne à la mi-janvier. C’est aussi un haut lieu pour la pratique de leur chasse.

Dans la mesure où le prélèvement s’exerce sur un peuplement d’oiseaux d’eau hivernant et pas uniquement de passage, la préoccupation des chasseurs est de leur offrir non seulement le gîte mais aussi le couvert, en favorisant les conditions d’une alimentation attractive. Dans ce contexte, les plantes aquatiques immergées (localement appelées « gratte ») dont les anatidés se nourrissent sont l’objet d’une attention toute particulière.

Afin de tenter de répondre aux questions que peuvent se poser les gestionnaires d’un marais de chasse à savoir « Quelles espèces de gratte les canards consomment-ils ? et « La gestion de mon marais permet-elle de produire des herbiers attractifs ? » - une analyse du régime alimentaire a été réalisée sur près de 700 oiseaux prélevés à la chasse.

 

Une gestion qui favorise les canards herbivores

Dans les marais dévolus à la chasse, la gestion de l’eau a sensiblement modifié la composition des communautés végétales au cours des cinquante dernières années.

Les espèces annuelles caractéristiques des milieux temporaires et légèrement saumâtres (Characées, zannichellies et renoncules) ont été graduellement remplacées par des espèces pérennes de milieux plus doux à forte production de biomasse végétative (potamots, naïade marine, myriophylle en épi, jussie faux-pourpier...).

Dans les lagunes saumâtres permanentes, le potamot pectiné a pu supplanter localement la ruppie spiralée. D’autre part, l’aménagement et l’inondation estivale d’anciennes parcelles cultivées ont permis l’extension des adventices de la culture du riz (panic des marais, naïades, Chara commun hétéranthères...) au-delà des rizières elles-mêmes.

 

Il ressort de cette analyse du  régime alimentaire des anatidés les principaux points suivants :

  • le canard chipeau est sans conteste l’espèce qui a le plus bénéficié de la gestion hydraulique particulière des marais de chasse
  • à l’opposé, loie cendrée au régime mono-alimentaire et qui trouve toute sa nourriture dans des habitats naturels – les grandes scirpaies –, a vu ses habitats alimentaires réduits par les aménagements cynégétiques. L’accroissement global des effectifs d’oies cendrées pourrait, à l’avenir, inciter certains gestionnaires de grands marais à modifier au moins localement la gestion en faveur de ce gibier très convoité.
  • Quant aux autres espèces étudiées, le bilan est plus contrasté. Les fuligules milouins s’alimentent en nombre dans les marais de chasse mais la moitié des hivernants au moins dépend pour se nourrir des herbiers à zostères, absents des marais aménagés. Cette étude témoigne en outre de changements radicaux dans le régime alimentaire du fuligule milouin depuis le début des années 1980, qui sont à attribuer à deux phénomènes : la colonisation de la lagune du Vaccarès par les zostères au début des années 1980 (Vaquer & Heurteaux, 1989) suite à la salinisation du milieu, et l’apparition dans les marais de chasse du potamot noueux, une espèce cantonnée au réseau d’irrigation avant les années 1990, dont l’expansion pourrait s’expliquer par des assecs aujourd’hui un peu plus fréquents.
  • S’agissant du canard colvert et de la sarcelle d’hiver, les ressources produites dans les marais de chasse attireraient un tiers environ des individus. Cette proportion peut être considérée comme relativement faible au regard des moyens déployés pour rendre les milieux attractifs au plan alimentaire. Ce résultat interroge d’autant plus sur l’efficience de la gestion à visée cynégétique que colverts et sarcelles représentent les trois quarts des anatidés prélevés à la chasse en Camargue (Mondain-Monval et al., 2009).

 

En réalité, un tel constat n’est guère surprenant s’agissant des espèces granivores : dans les marais devenus permanents, la gestion a favorisé les herbiers de vivaces, relativement peu productifs en graines, au détriment des plantes annuelles des milieux temporaires, qui en font beaucoup plus.

La gestion cynégétique des marais est par conséquent globalement plus favorable aux canards herbivores consommateurs de parties foliaires qu’aux espèces granivores. Une diversification des modes de gestion permettrait sans doute de varier davantage l’offre alimentaire pour les anatidés.

 

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  • Contact

Jean-Baptiste MOURONVAL

Jean-baptiste.Mouronval@oncfs.gouv.fr

Tel. : 04 90 97 25 84